Les Digital Humanities, une question de survie pour l’histoire contemporaine? – Pensées éparses (4)

By Frédéric Clavert | July 27, 2012

Claire Clivaz, assistante professeur à Lausanne en théologie protestante, adepte des Humanités numériques, vient de publier un billet où elle s’interroge sur la “grande question de recherche” posée par les Humanités numériques [1].

Je ne me permettrais pas de répondre pour toutes les sciences humaines et sociales, ni ne donnerai de réponse globale. Je me cantonnerai à mon petit domaine, l’histoire, voire uniquement l’histoire contemporaine.

En termes d’historiographie, le XXe siècle est celui de l’extension du domaine de l’histoire. S’opposant à l’ecole méthodique de Seignobos et Langlois, qui ne se fondaient pour l’essentiel que sur des sources manuscrites et ne traitaient quasiment que d’histoire politique, l’École des Annales sort du carcan chronologique au-jour-le-jour pour inventer la notion de temps long, élargit les thèmes traités et, surtout, élargit les sources de l’histoire. Cette extension du domaine de l’histoire n’est pas le seul fait de l’École des Annales. En restant toujours en France, la sortie de l’Introduction à l’histoire des relations internationales [2] marque le saut de l’histoire diplomatique, cette savante description des combinaisons élaborées des diplomates, à une histoire des relations internationales ancrée dans des phénomènes plus profonds [3].

Le point important, ici, est l’élargissement des sources de l’histoire. C’est ce point qui fait que l’on dispose d’une histoire du climat [4], par exemple, dont l’écriture aurait été inimaginable à la fin du XIXe siècle. De mon point de vue, nous sommes ici face à une continuation de ce mouvement, grâce au numérique, dans deux directions différentes.

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