Des fractures numériques

By Gretchen | October 14, 2013

Par « fractures numériques », je n’entends pas ici parler des différences entre les « digital natives » et les autres, ni entre les accès au numérique (contenu, matériel, etc) entre classes riches et classes pauvres, mais plutôt des fractures qu’engendre le numérique au sein des sciences humaines et sociales. Ce billet ne se veut pas exhaustif, ni parfait, mais sera la base d’une proposition d’atelier pour le THATCamp Saint Malo.

Ce qui est enseigné et ce qui ne l’est pas

La problématique des compétences informatiques qui (ne) sont (pas) enseignées à l’université est ancienne. En histoire, depuis l’article de Jean-Philippe Genet [1] en 1993 qui s’inquiétait de l’urgence de la formation informatique des historiens en France à celui de Franziska Heimburger et Émilien Ruiz [2] fondé sur leur expérience à l’EHESS, on peut trouver de nombreux exemples d’écrits sur le besoin de formation. Toutefois, je ne crois pas qu’il y ait eu réelle changement de situation.

Si les techniques quantitatives, qui sont parfois enseignées dans les facultés d’histoire, le sont couramment en sociologie ou anthropologie, font appel, d’abord, à des règles statistiques, elles impliquent la plupart du temps de maîtriser des logiciels impliquant un minimum de programmation. Ainsi, certaines disciplines (l’histoire…) ont besoin de regarder ce que les autres font. Mais toutes doivent se poser la question de la formation des étudiants et prendre garde à ne pas créer un fracture entre ceux qui savent utiliser l’outil informatique et les autres.

Cette question est d’autant plus importante que la manière dont les étudiants aborde le numérique est extrêmement inégale: tous sont censés être digital natives, mais beaucoup sont mal à l’aise avec l’outil informatique et d’autres sont persuadés de le maîtriser alors qu’ils ne sont que des facebook natives.

 Read full post here. (Originally posted September 24, 2013)

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  1. Genet Jean-Philippe, « La formation informatique des historiens en France: une urgence », Mémoire vive, juin 1993, no 9. []
  2. Ruiz Émilien et Heimburger Franziska, « Faire de l’histoire à l’ère numérique : retours d’expériences », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 2011, n° 58-4bis, no 5, p. 70‑89. []